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Projet de renforcement des capacités locales

dans la lutte communautaire

contre le VIH/SIDA au Burkina Faso

 

 

Présenté par

l'association Solidarité et Entraide Mutuelle au Sahel

(S.E.MU.S.)

 

 

En partenariat avec

le Centre Canadien d'Étude et de Coopération Internationale

(CECI)

 

 

Dans le cadre du Fonds de l’Action Communautaire de l’initiative SÉCURISER LE FUTUR de la Fondation Bristol-Myers Squibb

  

AVRIL 2003


 

 Brève présentation du problème

 

Au Burkina Faso le taux de prévalence du VIH est évalué actuellement à 6,5% (SP/CNLS 2002). Les tranches d’âges les plus touchées sont les adultes de 25 à 49 ans ainsi que les jeunes filles âgées entre 13 et 24 ans. Ces dernières ont un taux d’infection de cinq à huit fois supérieurs à celui des garçons du même âge. Certaines régions sont aussi plus touchées par le fléau, telles les provinces sahéliennes du Passoré et du Yatenga où le taux de prévalence est au-dessus du taux national et avoisine les 10% (CMA-Yako, 2000). Plusieurs facteurs expliquent cet écart et justifient la nécessité d’une intervention ciblée dans cette zone. En effet ces deux  provinces sont caractérisées par une importante mobilité interne  des populations, une forte migration externe et la présence de plusieurs sites aurifères. Ces sites aurifères, qui sont des lieux de rassemblement de gens venant de divers horizons, sont des endroits où les comportements à risque sont plus fréquents, favorisés entre autres par un taux élevé de consommation de drogues et une forte prostitution. Enfin les chefs-lieux des deux provinces, Yako et Ouahigouya, sont des villes carrefours fort fréquentées par les routiers et les commerçants. Il est aussi important de mentionner que l’excision est toujours pratiquée dans la région, augmentant le risque pour les jeunes filles et les jeunes femmes de contracter le VIH, ainsi que celui de le transmettre lors de futures  relations sexuelles non protégées. 

 

Au regard de cette situation, la SEMUS dont l’objectif est de contribuer entre autres à l’amélioration de l’état de santé des individus et de leurs familles, a conclu à la nécessité d’engager des actions de lutte contre le VIH/SIDA dans les provinces du Passoré et du Yatenga. De façon pratique cela s’est traduit par une forte implication de la SEMUS, notamment par la mise en œuvre d’un projet pilote de sensibilisation et de prise en charge des personnes infectées et affectées par le VIH/SIDA dans la commune de Yako depuis août 2000. Ce projet, réalisé avec l’appui du Centre Canadien d’Étude et de Coopération Internationale (CECI-BF), a été révélateur tant des besoins immenses des populations au niveau de la prévention et de la prise en charge que des limites institutionnelles et techniques de la SEMUS. En effet cette dernière est maintenant sollicitée tant par les populations que les associations locales afin non seulement d’étendre ses activités de prévention et de prise en charge, mais surtout afin de renforcer les capacités d’associations locales voulant s’impliquer dans la lutte contre les IST/VIH/SIDA.

 

Cependant, le manque de ressources humaines compétentes et de ressources matérielles ainsi qu’une faiblesse au niveau organisationnel ne permettent pas à la SEMUS de renforcer les capacités des associations locales ni d’étendre ses propres activités de prise en charge et de prévention. Consciente de ses limites institutionnelles et techniques, la SEMUS a donc conclu à la nécessité de se doter de stratégies d’intervention adaptées aux besoins et réalités des populations ciblées tout en renforçant son équipe terrain et certaines associations locales oeuvrant avec elle dans le domaine du VIH/SIDA mais qui ont un très grand besoin de renforcement des capacités à tous les niveaux.

 

Le projet vise le renforcement des capacités institutionnelles et techniques de  l’association Solidarité et Entraide Mutuelle au Sahel (SEMUS) et les associations satellites avec lesquelles elle travaille dans le but d’optimiser leurs interventions dans la lutte contre le VIH/SIDA au Passoré et au Yatenga. L’appui porte sur l’élaboration et la mise en œuvre d’un programme global de lutte intégrant la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et des orphelins et enfants vulnérables (OEV) ainsi que  la prévention des IST/VIH/SIDA à travers des micro-projets adaptés aux besoins des groupes cibles, plus particulièrement les jeunes femmes et les jeunes filles.

 

Les capacités organisationnelles et institutionnelles de la SEMUS et de ses proches collaborateurs seront donc renforcées suite à un diagnostic organisationnel, institutionnel et un suivi de proximité sera assuré afin de permettre l’appropriation par les associations des méthodes, stratégies et outils nécessaires à la planification, la gestion et à l’exécution de micro-projets. Différentes thématiques seront aussi abordées dont la Santé de la Reproduction, la Communication pour le Changement de Comportement (CCC), le conseil-dépistage, la promotion du préservatif, la prise en charge communautaire des PVVIH, la prise en charge des OEV, le Genre et Développement, la communication sociale et les techniques de négociations et de plaidoyer. Ce projet vise donc l’intégration de ces associations  au sein du Programme multisectoriel de lutte contre le VIH/SIDA du gouvernement Burkinabè à travers un appui technique  les aidant à présenter des micro-projets respectant le cadre du Programme tout  en assurant un accompagnement constant des activités sur le terrain afin de garantir une meilleure exécution des micro-projets.  Ainsi, ces associations  deviendront des ressources nationales fiables et entièrement autonomes dans la planification, l’exécution et la gestion de micro-projets de lutte contre les IST/VIH/SIDA.

 

 

Objectifs et résultats attendus

 

Objectifs

 

1-       Développer les capacités institutionnelles et techniques de la SEMUS dans la planification et la mise en œuvre d’un programme d’actions ciblées de lutte contre le VIH/SIDA dans sa zone d’intervention ;

2-       Améliorer les connaissances et les compétences de la SEMUS et de ses associations partenaires en techniques de mobilisation sociale, de conseil/dépistage et de prise en charge ;

3-       Appuyer la SEMUS et ses associations partenaires dans l’élaboration et la mise en œuvre de micro-projets de prévention des IST/VIH/SIDA et de prise en charge des PVVIH et des OEV ;

4-       Mettre en place un système fonctionnel d’échanges et de circulation de l’information ;

5-       Impliquer les jeunes femmes et les jeunes filles au niveau de la mobilisation communautaire.

 

4 Résultats attendus

 

À court terme

1-       Un programme d’actions ciblées est opérationnel à la SEMUS ;

2-       Une équipe de lutte contre le VIH/SIDA est opérationnelle au sein de la SEMUS ;

3-       Les dix associations partenaires de la SEMUS et les trois comités villageois du volet OEV sont renforcés et outillés ;

4-       Des micro-projets du programme sont mis en œuvre dans la zone d’intervention par la SEMUS et ses associations partenaires ;

5-       L’expérience est documentée et diffusée ;

6-       Les jeunes femmes et les jeunes filles sont intégrées dans tous les aspects  du projet et bénéficient d’activités spécifiques de prévention des IST/VIH/SIDA et de prise en charge communautaire ;

 

À long terme

1-       La responsabilisation effective des communautés de la zone d’intervention par leur participation et leur adhésion à la lutte contre les IST/VIH/SIDA ;

2-       La réduction de nouvelles infections aux IST/VIH/SIDA dans les groupes cibles de la zone d’intervention ;

3-       L’allègement de l’impact des IST/VIH/SIDA par une prise en charge communautaire effective des PVVIH et des OEV par leur communauté ;

4-       L’empowerment (la prise en main) des jeunes femmes et des jeunes filles en ce qui a trait à leur sexualité et l’adoption de pratiques à moindre risque par ces dernières.

 

Ce projet aura un impact certain tant à court terme qu’à long terme chez les jeunes filles et les jeunes femmes ainsi que chez les orphelins et enfants vulnérables. En effet ce projet comporte deux composantes liées directement au bien-être des femmes et des enfants : l’implication directe des femmes au sein du projet alliée avec des activités spécifiques pour ces dernières et le volet orphelins et enfants vulnérables qui prend en charge les enfants en difficulté, plus particulièrement les enfants infectés et affectés par le VIH/SIDA.  Les besoins spécifiques de ces deux groupes cibles seront donc rencontrés au niveau des micro-projets et permettront l’amélioration de leur qualité de vie.

 

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 Méthodologie

 

Principales étapes du projet  :

1-       Réalisation de diagnostics organisationnel et institutionnels des associations et d’un plan de renforcement des capacités pour permettre l’atteinte des objectifs ;

2-       Renforcement des capacités des membres de la SEMUS, des associations partenaires et des comités villageois à partir des constats du diagnostic (ateliers et formations) : par exemple, gestion de projet et financière, communication sociale, GED, etc. ;

3-       Élaboration d’un programme d’actions ciblées (Prise en charge PVVIH et OEV, prévention) ;

4-       Ateliers stratégiques de réflexion pour la création de nouveaux outils et méthodes adaptés aux réalités locales pour une meilleure lutte contre les IST/VIH/SIDA ;

5-       Élaboration des micro-projets : diagnostics participatifs, écriture des micro-projets, budgétisation, harmonisation des différentes activités de prise en charge, prévention, etc.

6-       Mise en œuvre de micro-projets : création de partenariat et réseau, mobilisation sociale, activités de prise en charge, de conseil et dépistage, de prévention, de visites à domiciles et sensibilisation par les pairs par des approches novatrices et la formation des animateurs-trices, etc.

7-       Appui conseil: appui du CECI : coopérants-volontaires, chargé de projet, auto-évaluation mi-parcours avec participation de partenaires et bénéficiaires, évaluation externe, atelier de capitalisation.

8-       Coordination et gestion : la SEMUS avec l’appui du CECI,assume la responsabilité de la bonne exécution du projet :gestion et transmission des différents rapports narratifs et financiers, bilan des activités, formations des partenaires, cadre de concertation. L’Association SEMUS assure la formation des animateurs-trices terrain des associations partenaires, la coordination et la gestion des micro-projets, la création de partenariats et d’un réseau au niveau terrain, etc.

 

Stratégies d’intervention du projet

 

L'approche qui sera développé par la SEMUS consistera, à combiner plusieurs stratégies dont les plus importantes et les plus novatrices sont:

·         Le renforcement des acteurs sur le terrain suite à un diagnostic organisationnel (plan de renforcement);

·         L’analyse de la situation des IST/SIDA au sein des villages et des communes à l'aide d'un diagnostic participatif qui servira de base pour mesurer l’impact des activités des micro-projets ;

·         Formations suivies de mises en pratiques immédiates sur le terrain ;

·         Le plaidoyer pour l'implication des leaders et des bénéficiaires à toutes les étapes du projet, plus spécifiquement les jeunes, les femmes et les PVVIH ;

·         La collaboration avec les partenaires locaux (ONG/associations, structures étatiques) ;

·         La mise en place d'un cadre de concertation ;

·         La prise en compte de l’approche genre et développement à toutes les étapes ;

·         La recherche de la durabilité technique et sociale ;

·         Le suivi de proximité et auto-évaluation communautaire ;

·         L’organisation de la mise en œuvre de réponses ciblées à travers des micro-projets;

·         La capitalisation et la systématisation des acquis et des leçons apprises au plan méthodologique;

·         Sélection d’indicateurs d’activités et d’indicateurs de suivi des objectifs précis permettant une évaluation juste des résultats obtenus et de l’impact véritable du projet sur les populations cibles.

 

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